Le super cerveau d’une personne TDAH
Comment fonctionne vraiment un cerveau TDAH ?
Symptômes, dopamine et phases de « down ». En tant que psychopraticienne spécialisée en accompagnement du TDAH chez l’adulte à Maisons-Laffitte et dans les Yvelines, je vous propose ici un éclairage objectif sur le fonctionnement neuroatypique du cerveau TDAH et les signes révélateurs du trouble. Mieux se comprendre pour mieux vivre avec : vos particularités ne sont pas un obstacle. Avec les bonnes clés, elles peuvent devenir de véritables forces.
État des lieux d’un éventail de symptômes incapacitants
Le TDAH n’est pas une maladie, mais l’altération des fonctions cérébrales exécutives - entre autres, les capacités de planification, d’organisation et de priorisation, le contrôle de l’impulsion et des émotions, l’auto-contrôle ou encore la gestion du temps…. L’incapacité à s’auto-réguler implique de nombreuses difficultés à gérer le quotidien, les relations sociales et les responsabilités professionnelles.
Autant d’individus que de manifestations du TDAH ! Comparativement au trouble autistique, le TDAH se présente comme un spectre de symptômes multiples et d’intensités variables. Pour les répertorier, les classifier, et en faciliter sa lecture, il se décline sous trois types :
Inattentif : Difficulté à se concentrer, oublis, rêverie. Souvent chez les femmes, il passe inaperçu car moins "bruyant", elles compensent, masquent et recherchent en silence ce qui “cloche”, jusqu’à un diagnostic tardif vers quarante ans.
Hyperactif-impulsif : Agitation, impulsivité (interruptions, achats compulsifs…).
Combiné : Mix d’inattention et d’hyperactivité.
Chacune de ces 3 formes peut présenter une grande variété de symptômes qui évoluent avec l’âge. On retrouve cependant des traits communs quelque soit le type, et ce n’est pas l’hyperactivité qui prédomine, notamment à l’âge adulte :
Capacité d'attention réduite pour les tâches quotidiennes régulières et routinières (devoirs, corvées, etc.)
Problèmes d'organisation et de planification (comme avoir une chambre en désordre, toujours être en retard, etc.)
Distractibilité
Procrastination
Problèmes de suivi
Mauvais contrôle des impulsions (dire ou faire quelque chose avant d'y avoir réfléchi)
Difficile régulation émotionnelle
Les symptômes du TDAH évoluent avec l’âge. En effet, des études ont montré que si les symptômes d’inattention persistent à l’âge adulte, l’hyperactivité, elle, diminue, et l’impulsivité peut, en revanche augmenter - (source HyperSupers - TDAH France).
Dopamine mon amour
Le déséquilibre chimique que constitue la déficience en dopamine rend tout effort insurmontable, tant qu’il n’est pas couplé à une quête effreinée de plaisir ou de récompense.
Bien loin d’un simple manque de volonté, ces traits sont présents dès l’enfance. Le cerveau ne fonctionne pas de la manière attendue socialement selon des enjeux de performance, de dynamisme, d’actions, ou d’efforts… La personne TDAH régule en fonction de son intérêt, de ce qu’elle aime, de ce qui lui procure du plaisir immédiat, car elle est en manque constante de dopamine, l’hormone de la récompense.
Tout ce qui est ennuyeux est donc de l’ordre de l’impossible pour un cerveau TDAH et associé à une perte d’estime de soi et de motivation. Par exemple, un simple obstacle peut engendrer une baisse d’estime de soi du type “je n’y arriverai jamais…” qui peut prendre 3 jours à surmonter.
Il lui faut trouver des stratagèmes pour le booster, le mettre sur un rail et le propulser.
L’autre versant du cerveau TDAH : une dynamo qui s’ignore
Capable aussi d’hyper focus, la personne avec un TDHA ne va rien lâcher pour obtenir ce qu’elle veut. Car une fois lancé, le cerveau TDAH ne s’arrête plus ! Une fois orientée ver le bon objectif, cette chasse à la dopamine est un puissant catalyseur.
Les personnes atteintes de TDAH traversent souvent des phases de "down", des moments d’épuisement intense suivant un pic d’activité cérébrale. Ces épisodes sont liés à une chute des niveaux de dopamine et de noradrénaline, survenant après des expériences très stimulantes – qu’il s’agisse d’un événement procurant un plaisir intense ou d’une tâche exigeant une concentration maximale. Ces baisses peuvent parfois frôler un état quasi dépressif, rendant indispensable une anticipation, ou une acceptation “laisser passer la vague”. Planifier des moments de repos et de récupération structurés est crucial pour recharger ses batteries.
Sans diagnostic ni prise en charge adaptés, ces fluctuations favorisent l’apparition de comorbidités, comme la dépression ou les troubles anxieux sévères et qui sont traitées comme une cause et non une conséquence. Par exemple, si les antidépresseurs peuvent agir momentanément car les symptômes de dépression sont effectivement présents, ils n’agissent pas sur la dopamine, dont l’équilibre est en partie la source du problème.
Ces comportements résonnent pour vous ou pour un proche?
Le TDAH n’est pas une question de paresse ou de caractère : c’est un cerveau qui régule différemment la dopamine, qui adore l’hyperfocus sur ce qui passionne… et qui s’effondre parfois brutalement quand la stimulation s’arrête. Ces fluctuations, ces « down » qui ressemblent à de la dépression, ces difficultés à démarrer les tâches ennuyeuses… tout cela a une explication neurobiologique, et surtout : tout cela peut s’apprivoiser.
Si cet article vous a fait un « déclic », si vous pensez « mais c’est exactement moi ça ! », ne restez pas avec ces questions en tête. Contactez-moi pour en discuter ensemble : un premier appel permet souvent de décharger une partie de la honte et de commencer à voir des solutions concrètes.
→ Prochain article : « Vivre mieux avec un TDAH au quotidien – mes 8 conseils qui changent la donne »
#Ni psychologue #ni médecin : Je ne suis pas psychiatre, je ne prescris pas de médicaments, je n’établis pas de diagnostic. Je vous aide à surmonter vos difficultés et mettre en place de nouveaux comportements anti-sabotage, positifs, résilients et durables. Mon avis n’est pas médical. Suivre une psychothérapie contribue à l’hygiène mentale, tout comme le sport et une alimentation équilibrée.

